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"Secret
industriel
! C'est l'argument désormais avancé par l'Etat
pour ne pas rendre publics les résultats d'études sur l'impact
sanitaire des OGM. De quoi rassurer le
consommateur...
VOILÀ dix-huit mois, le
CRII-GEN, le
comité qui
réunit des experts indépendants
sur le génie génétique,
autour de l'ancienne ministre
de l'Environnement
Corinne
Lepage, s'aperçoit que
certains
documents de la Commission
du génie biomoléculaire
(CGB), organisme chargé
de donner le
feu vert aux OGM, qui d'ordinaire
étaient rendus publics, sont désormais
mis au secret
:
notamment, les
résultats de tests réalisés par
Monsanto sur des rats en
leur faisant
ingurgiter son maïs Bt11
sont devenus introuvables. L'association saisit illico la
Commission d'accès aux documents
administratifs, la Cada
pour les intimes, qui lui
donne raison en avril
dernier : "Les
études de toxicité établies
dans le cadre de l'évaluation
des risques sanitaires
doivent être
communiquées."
Qu'à cela ne tienne,
le ministre de l'Agriculture,
Dominique Bussereau,
refuse toujours de lâcher
les résultats. Est-ce parce
qu'ils sont inquiétants?
Ça
n'est pas impossible :
le CRIIGEN
a en effet eu connaissance
de l'existence de trois
tests réalisés sur des rats
avec d'autres OGM, qui
ont montré des effets
pour les moins
désagréables : une
augmentation « significative » des globules blancs chez les mâles,
une baisse des globules rouges
assortie d'une montée du taux
de sucre dans le sang
chez les femelles. Une
autre étude, mené,
sur le MON 863 et que
Monsanto a dû rendre publique
en juin dernier sous la
pression de la justice allemande,
est tout aussi alarmante
:
on y découvre qu'en
consommant pendant quatrevingt-dix
jours ce maïs conçu
pour résister à la chrysomèle,
un coléoptère ravageur, les
rats ont modifié leur
formulation sanguine
et vu augmenter le
poids de leur foie et de
leurs reins, avec en prime
des
infections de ces deux organes.
On aurait pu penser que les
pouvoirs
publics, grands partisans
de la transparence,
comme on
sait, prennent des
dispositions
pour que le
consommateur soit correctement informé. Au
contraire...
Juste avant de faire ses valises,
Raffarin s'est fendu
d'une
ordonnance interdisant
de rendre
publics des documents
obtenus par la Cada
s'ils nuisent
au secret industriel.
Comme deux précautions
valent mieux
qu'une, la France
vient
d'intervenir pour faire
modifier une
directive européenne
qui autorise la publiation
des infos ayant trait aux
effets sur la
santé des OGM.
Matignon a
adressé à la Commission,
le 19 septembre
dernier, une
note ainsi argumentée
: "De
telles communications
(...) sont susceptibles d'entacher la
confiance de l'opinion
publique dans le processus de gestion des risques mais
également de nuire à la position
concurrentielle de l'entreprise."
Quelle drôle d'idée
!
La
confiance de l'opinion publique
est sans
faille, voyons. Les OGM, on en mangerait les
yeux
fermés..."
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